Vêtement professionnel par excellence, le bleu de travail est l’un des uniformes les plus reconnaissables. Traditionnellement associé au monde ouvrier, cet habit a longtemps été l’apanage des travailleurs manuels. Il possède une longue histoire depuis sa création, que nous allons retracer ici succinctement. 

Une origine remontant au XIXe siècle

Les travailleurs manuels ont de tout temps utilisé des tenues spécifiques pour exercer leur profession sans se salir. Ce n’est cependant qu’à la fin du XIXe siècle, avec la Révolution industrielle, qu’un habit de travail standardisé pour les ouvriers fait son apparition. Avec l’utilisation de plus en plus répandue de machines automatisées comportant des engrenages, les ouvriers doivent porter une tenue adaptée pour des raisons de sécurité évidentes. Dans un premier temps, le port d’une blouse et d’une ceinture est recommandé pour toutes les personnes employées au sein d’une usine. Par la suite, cet habit de travail prend la forme d’une veste ainsi que d’un pantalon pour les ouvriers. Il s’agit d’une évolution majeure, qui sera conservée avec quelques ajustements au cours des décennies suivantes.

Un vêtement solide et peu coûteux

Plusieurs impératifs techniques ont guidé le choix de cette tenue de travail standardisée. Il est nécessaire que cet habit soit à la fois peu salissant et résistant, afin de ne pas se déchirer trop facilement, ce qui nécessiterait de le remplacer souvent. Au début, ce sont les salariés qui doivent financer cette tenue de travail obligatoire. Les choses finiront rapidement par changer et chaque entreprise se chargera de fournir à ses salariés leur tenue de travail. L’ensemble pantalon-veste des ouvriers est fabriqué avec du coton épais pour plus de solidité. Il doit bien évidemment son nom à sa couleur bleue. Celle-ci est choisie pour pouvoir masquer plus facilement les taches, et parce que le bleu est la couleur foncée la moins chère à produire dans le secteur textile.

Une évolution importante au XXe siècle

Au cours du XXe siècle, l’uniforme bleu des ouvriers devient peu à peu un marqueur social. La tenue des travailleurs manuels détermine leur statut professionnel, en opposition avec le traditionnel col blanc des employés de bureau. Aux Etats-Unis, un véritable marché des tenues de travail se forme, dominé par la firme Levi Strauss & Co. L’entreprise produit alors de très solides pantalons en denim de couleur bleue. Les premiers jeans sont d’ailleurs des pantalons de travail, employés par les mineurs et les bûcherons, caractérisés par le bleu de Gênes servant à les teindre. La tenue bleue des ouvriers devient une norme dans toutes les usines, y compris en Europe. Elle est munie ensuite de poches et de fermetures Eclair, plus pratiques. On l’utilise aujourd’hui encore dans de nombreuses usines.