Les salles d’eaux présentent par définition un risque accru d’électrocution ou de court-circuit de par la proximité entre l’installation électrique et les systèmes de délivrance d’eau que sont les robinets ou la douche. La norme NF C 15-100 encadre avec rigueur la pose des prises et l’organisation des appareils ménagers dans les parties sanitaires d’un logement. Elle répartit la pièce en 3 volumes pour définir les risques inhérents à chaque partie. Comme pour dans toutes les autres pièces de vie, la NF C 15-100 doit être respectée afin de livrer un logement sécurisé et confortable.

Qu’est-ce que la norme NF C 15-100 sur l’électricité ?

La NF C 15-100 connait une première version en 1956. Faisant suite à l’augmentation des appareils électro-ménagers et des prises électriques dans les logements, elle définit des règles pour protéger les habitants des installations en basse tension. Ces recommandations s’exercent aussi bien auprès d’un constructeur qu’auprès d’une personne souhaitant faire des travaux dans son habitation principale ou secondaire. Elles intègrent aussi les notions de confort et de facilité d’utilisation, qui prennent tout leur sens dans les salles d’eaux. En effet, les occupants d’un foyer peuvent y pratiquer différentes activités devenues courantes comme :

  • se laver les dents au lavabo;
  • utiliser un rasoir électrique ou un sèche-cheveux;
  • prendre une douche ou un bain;
  • faire sécher des serviettes;
  • laver du linge en machine.

Ces actions du quotidien vont de pair avec la mise en place d’un éclairage adapté, de prises salle de bain accessibles et sécurisées et d’un environnement parfaitement protégé contre les risques liés à la proximité de l’eau.

La NF C 15-100 s’appuie aussi sur l’indice de protection des appareils, nommé IP. Celui-ci détermine la résistance de chaque appareil à l’eau, notamment en fonction de la protection qu’il assure face à l’intrusion de gouttelettes et à l’immersion.

Les 3 volumes définis dans la salle de bain

Pour pouvoir être appliquée dans n’importe quelle configuration de salle d’eau, la NF C 15-100 différencie trois volumes à partir de la source principale de réception de l’eau que constitue la douche ou la baignoire.

Le volume 0 concerne directement la douche sans receveur, de type à l’italienne, la baignoire ou la surface qui reçoit l’eau. Il est très risqué, car souvent immergé. Il ne peut accueillir quasiment aucun équipement électrique. Seuls les éclairages TBTS, très basse tension de sécurité, y sont admis. Ils doivent être garantis IPX7, supportant donc l’immersion temporaire.

Le volume 1 comprend les limites du receveur, sur une hauteur de 2,25 mètres. C’est donc toute la zone située au-dessus de la baignoire ou de la douche. Encore très à risque du fait des éclaboussures importantes, cette partie de la salle d’eau peut toutefois accueillir un chauffe-eau IPX5, c’est-à-dire imperméable aux projections d’eau à la lance, ainsi qu’un interrupteur TBTS 12 V ou des canalisations IPX5.

Le volume 2 débute à la limite du receveur et s’étend sur la même hauteur que le volume 1, soit 2,25 mètres, jusqu’à 60 cm de la baignoire ou de la douche. Légèrement plus sécurisée, cette zone admet des équipements IPX4, qui supportent les projections d’eau venant de toutes directions. Les appareils de chauffage et d’éclairage de classe 2, les prises de rasoir et les autres dispositifs autorisés en volume 0 et 1 peuvent y être installés.

Quelle est la norme pour le hors-volume ?

Tout ce qui se situe au-delà de 60 cm du receveur et des 2,25 mètres de hauteur est considéré comme hors-volume. Attention, cela ne signifie pas que les prises électriques peuvent y être installées à loisir. Elles doivent respecter les principes de sécurité énoncés dans la NF C 15-100 pour toutes les poses de systèmes électriques et de différentiels.

Dans la zone hors-volume, vous pouvez par exemple installer :

  • un lave-linge ou un sèche-linge de classe 1;
  • des appareils de chauffage de classe 1 ou 2;
  • des éclairages de tous types;
  • un chauffe-eau instantané ou à accumulation;
  • des interrupteurs;
  • des prises de courants dotées d’une terre;
  • une prise rasoir;
  • un transformateur de séparation et une boîte de connexion;
  • des canalisations.

Des restrictions s’appliquent aux abords du lavabo pour la pose de prises électriques. Celles-ci peuvent être positionnées à n’importe quelle distance, mais sur le côté des vasques et non au-dessus ou en dessous. L’intégralité des prises de la salle d’eau doit souscrire à un dispositif différentiel de 30 mA.

Il faut noter la présence d’un volume caché, sous la baignoire ou le receveur, qui ne doit comporter aucune installation électrique, exception faite de certains modèles de spas.

Quel est l’intérêt du transformateur de séparation électrique ?

Il faut savoir que bien souvent, le lavabo se trouve à moins de 60 centimètres de la baignoire ou de la douche, ce qui l’inclut dans la zone où les prises habituelles sont interdites. En ajoutant un transformateur de séparation dans la salle d’eau, vous pouvez bénéficier d’un branchement placé dans le volume 2 sans risque.

Le transformateur régule le courant disponible dans la prise, tout en permettant d’offrir du 230 V. C’est largement suffisant pour faire fonctionner un sèche-cheveux ou un rasoir. D’ailleurs, c’est à l’origine pour les rasoirs que ces fameuses prises étaient installées, juste à côté du lavabo et du miroir. En revanche, évitez d’y brancher un appareil à haute consommation comme un sèche-linge, un chauffage d’appoint ou un lave-linge.

De son autre nom transformateur d’isolement, ce dispositif isole les deux parties du transformateur de sorte que les risque de court-circuit et d’électrocution soient maitrisés, un indispensable dès lors qu’une prise se trouve à proximité d’un point d’eau.